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12.12.2007

Mr Sarkozy, au tableau, sur l'estrade !!

Le président de la république devrait "prendre des cours de Bourse". La remarque est venue en début de semaine dernière d'un banquier après la vente lundi de 2.5% du capital d'EDF (au lieu des 3 % annoncés) lundi en bourse de Paris. La manière dont s'est déroulée cette fameuse vente peut en effet donner des sueurs froides au contribuable. Une simple description chronologique des évènements permettra de faire comprendre le noeud du problème. Jeudi 29 novembre, au cours de son allocution télévisée, le président de la république annonçait la vente de 3% du capital d'EDF « pour faire un plan d'investissement de cinq milliards d'euros dans nos universités ». Le titre de la société, détenue à 87,3% par l'état était alors au plus haut avec 85,70€ à la clôture de la bourse jeudi après un gain de 56% depuis le début de l'année. Que l'on approuve ou conteste la mesure, force était de reconnaître que l'opération survenait à un bon moment.


Le lendemain de l'annonce, EDF accusait avec –3,03% la plus forte baisse d'un CAC40 en hausse de 1,29% pour venir à 83,10 euros soit une fonte de 4,74 milliards d'euros du géant français de> l'électricité. Lundi 03 décembre, avant 8 h du matin, interrogée sur France 2, la ministre des finances Christine Lagarde annonçait une fourchette de vente d'entre 2,5 et 3,7% des actions de l'entreprise et précisait que de nouvelles ventes étaient « très possible, en 2008 par exemple ». A l'ouverture de la bourse, le prix de vente de l'action EDF était annoncé à 82,10 € et seulement 2,5% des actions d'EDF ( soit 45 millions d'actions ) étaient vendues pour 3,7 milliards d'euros, soit le minimum espéré et bien loin des 5 milliards annoncés.


Ainsi, entre l'annonce de l'intention de vendre et la cession effective des actions, 4 longs jours se sont déroulés permettant aux fonds spéculatifs de spéculer sur sa baisse. Les milieux financiers n'ont ainsi pas manqué d'afficher leur stupéfaction et les différents journaux ont enregistré la semaine dernière de nombreuses déclarations fort acides: « On n'annonce pas une opération trois jours à l'avance » « Il eût fallu annoncer vendredi soir qu'on procédait à cette opération, et la réaliser le lundi. En laissant 24 heures aux +hedge funds+ (fonds spéculatifs, ndlr) pour +shorter+ le titre (spéculer sur sa baisse, ndlr), on a obtenu un effet prévisible » « Cela ne s'est jamais vu d'annoncer à l'avance une vente de participation de l'Etat. Mais le président de la République fait ce qu'il veut » « On ne va pas à la télévision dire qu'on vend des titres ! » L'autre erreur de communication selon un banquier d'affaires s'étant exprimé dans le Monde du 5 décembre a tenu dans la déclaration de Christine Lagarde de poursuivre les ventes en 2008 : "Les investisseurs avaient dès lors intérêt à attendre, dans l'espoir d'acheter moins cher".


On peut donc en résumé, reprocher au président de la république, ancien double ministre des finances d'avoir communiquer ses intentions alors même que la vente n'était pas préparée. De par la vente de 45 millions d'actions pour 82,10€ (au lieu de 85,70€ si> l'opération avait été effectuée jeudi), la perte se chiffre donc à> 162 millions d'euros soit plus d'un milliard de francs ( [ 85,70-> 82,10 ] x 45.000.000 = 162.000.000 ). Cela fait rire jaune lorsque l'on repense aux déclarations de tous ceux qui jugeaient en avril dernier inexpérimentés les principaux adversaires de Mr Sarkozy. En réalité, et cela est inquiétant, ce dernier s'est regrettablement conduit, sur cette opération précise, comme un bleu. Mais au fait, un bleu haut comme trois pommes, ça ne vous rappelle rien ???

Commentaires

article tres interessant les gars ! bravo ^^

Ecrit par : Lucky | 15.12.2007